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Conseil d’administration du 19 avril 2017 : Déclaration liminaire CGT

jeudi 20 avril 2017

Madame la commissaire du Gouvernement, mesdames messieurs les administrateurs,

Le réseau des voies navigables est un outil industriel. Depuis 2013, et la création de l’EPA le constat est amer. La baisse des effectifs et des budgets est ininterrompue avec son lot de dégradations des conditions de travail. Des dérogations au garanties minimales qui explosent dans certain service et un augmentation significative du travail isolé. Le projet stratégique, véritable projet de renoncement va nous enfoncer un peu plus dans le marasme. La baisse des niveaux de service et l’ouverture saisonnières des réseaux à petit gabarit sont autant d’incohérences dans une période où le report modal est une nécessité de plus en plus urgente. Il est grand temps de limiter le transport routier de marchandises qui génère congestion du trafic, accidentologie et pollution.

Alors que les canaux sont encore pour la plupart opérationnels, ils sont délaissés et se dégradent inéluctablement. L’établissement ne peut à lui seul répondre aux besoins de financement ses recettes étant insuffisantes. Et de surcroît, la taxe hydraulique recette propre est écrêté. VNF dépend à 90 % de subventions. Pour permettre de maintenir le réseau à niveau et de le développer c’est d’investissements dont nous avons besoin. Et l’investissement n’est pas rentable immédiatement. VNF joue son avenir sur le long terme et son financement doit être garanti et non soumis aux politiques d’austérité que nous connaissons depuis trop longtemps.

Selon la CGT il faut ouvrir plusieurs fronts pour arriver à la ré-industrialiser notre pays. Et cela passe par un réseau prêt à accueillir un trafic nouveau. Ce trafic nouveau doit être imposé par le report modal inscrit dans une loi. La prise en compte des coûts complets de transport et la taxation des transports les plus polluants. La ré-industrialisation s’imposera quand la proximité des sites de production s’imposera pour interdire les transports longs et polluants quand la marchandise arrive de l’autre bout de la planète. Et c’est de la responsabilité du gouvernement de protéger notre environnement. Il faut en finir avec l’utilisation inconsidérée des camions là où la voie d’eau est présente. Le transport fluvial même sur de faibles distances est bénéfique et toujours préférable.

La CGT ne partage pas l’idée que les collectivités locales et les régions participent aux financements de VNF. La CGT rappelle son attachement au retour à un opérateur unique de la voies d’eau, seul garant d’un développement homogène sur tout le territoire national des canaux et des voies d’eau.
La CGT ne partage pas l’idée que les niveaux de service doivent être définis à la baisse en fonction du trafic. Ramener le mouillage sur les canaux freycinet à 1,60 mètre, réduire les période de navigation suivant les saisons, réduire les amplitudes journalières compromet l’attractivité du transport fluvial.

Le nouveau directeur général est face à un défi de taille, et la publication des chiffres 2016 du transport fluvial font état d’une situation difficile à appréhender avec un transport fluvial en recul globalement par rapport à 2015 mais aussi de perspectives plus favorables pour le transport des matériaux de construction et la filière bois.

Le développement du transport fluvial passe par la mise à niveau des ouvrages de navigation des canaux et par la modernisation. Nous avons besoin d’un haut niveau de service et les professionnels d’un réseau fiable et performant. Le travail est immense pour remettre en état les digues, préserver la ressource en eau indispensable en finir avec les interruptions de navigation de plusieurs mois. Alors que les périodes de crues et d’étiage risquent de se répéter en raison du réchauffement et du dérèglement climatique, nous avons plus que jamais besoins d’effectifs pour réaliser les diagnostics et la surveillance des travaux en régie ou confiés au secteur privé. Nous avons besoin d’un véritable plan de relance de la voie d’eau et gageons que les échéances électorales toutes proches permettrons l’accès aux responsabilité d’un gouvernement sensible à nos revendications et qui saura prendre les décisions politiques pour développer réellement et durablement la voie d’eau.

Les administrateurs CGT