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Conseil d’administration du 23 juin 2016 : Déclaration CGT

jeudi 23 juin 2016

Monsieur le Président,
Monsieur le Commissaire du gouvernement,
Mesdames et Messieurs les administrateurs,
Mesdames et Messieurs

La France va mieux " c’est ce que le Président de la République a dit dans l’émission "dialogue citoyen" du 14 avril 2016 sur France 2.

Pourtant le contexte mondial s’est dégradé et cela a eu une influence sur la France.
Le déficit public est en augmentation depuis 2012.

Il y a de plus en plus de fractures entre les classes, les derniers rapports indiquent un nombre plus important de riches et un plus grand nombre de travailleurs pauvres.
La crainte a gagné les Français, peur des actes terroristes, de vols dans les domiciles, crainte de perte d’emplois pour ceux qui en ont un, diminution des conditions de vie par la difficulté de se loger, précarité des emplois, allongement de la durée du travail, baisse du niveau des retraites, etc….

Et maintenant le gouvernement s’attaque encore aux travailleurs en voulant changer le code du travail, qui sera plus souple pour les entreprises : licenciement plus facile, baisse de la rémunération des heures supplémentaires, augmentation du temps de travail, pas de médecine du travail obligatoire, etc….

La perte de dialogue social avec les syndicats et/ou la non discussion avec les membres du même groupe parlementaire à l’assemblée obligent le gouvernement à passer ses réformes en force par le 49.3 : après la loi "Macron", maintenant la réforme du code du travail envisagée sous la même forme ou pas, preuve que le gouvernement n’a pas confiance dans ses actes et que sa majorité à l’assemblée n’est pas convaincue du bien fondé des réformes.

Malgré les rassemblements comme « nuit debout », les manifestations et le groupe de députés socialistes qui souhaitent le retrait de ce projet de loi, le gouvernement s’entête.

La concertation et le dialogue social n’existent plus, discours pourtant prôné par nos dirigeants de l’Etat lorsqu’ils étaient dans l’opposition en 2006 par exemple.

Si c’est tout cela qui donne l’image que la France va mieux, bon nombre de Français ne comprennent pas tout.

Tous ces schémas de l’Etat valent aussi pour l’EPA VNF, l’Etat a créé l’EPA pour justement : (extrait du rapport des sénateurs Grignon et Rome) :

► Des ambitions fortes d’une stratégie fluviale qu’il faut confirmer

La réforme de VNF a été d’emblée inscrite dans la perspective d’une stratégie de relance de la voie d’eau en pleine cohérence avec les objectifs de report intermodal du Grenelle, basés sur les avantages environnementaux du fluvial (2,6 fois moins d’émissions de gaz à effet de serre que le transport routier, un convoi grand gabarit représente l’équivalent de plus de 100 camions de 44 tonnes…).
Le transport par voie d’eau est un système de transport compétitif et économe en ressources. Il en est, compte tenu des avantages environnementaux, un élément essentiel 57% de la consommation de pétrole de l’ UE pour le secteur « transport".

► Développer la voie d’eau
Pour cela il faut :
- renforcer et intégrer les voies navigables dans la chaîne logistique inter-modale,
- continuer l’exploitation sur les réseaux connexes à petit et moyen gabarit,
- entretenir les cours d’eau connexes, ce qui participe à la préservation de l’environnement et assure la survie des espèces et des habitats.
Par l’abandon d’une partie du réseau, VNF exclut la mise en œuvre de nouvelles activités « Zones de non développements ou de régression ».
La réduction des effectifs à VNF met en danger la fiabilité des ouvrages. La restauration des ouvrages est une bonne chose, mais se donner les moyens de les entretenir est indispensable pour le fonctionnement global de la voie d’eau.

Aujourd’hui, La lourdeur des textes et des procédures afin de pourvoir naviguer repousse et repoussera encore plus les transporteurs éventuels.
- Il faut mettre en place une concurrence équitable entre les différents modes de transport en intégrant l’impact environnemental.
- Il est indispensable pour l’avenir de tous , de renforcer les modes de transport respectueux de l’environnement et d’avoir une offre la plus large possible et pas seulement sur le réseau magistral.
Le transport par voie d’eau est un atout évident, puisqu’il offre un mode de transport sûr, rentable, sobre en carbone et ne présente aucun risque de congestion.

Mais que voit-on aujourd’hui :

- la diminution de l’enveloppe "pour charge de service public" de l’Etat dans le budget de VNF,
- moins de subventions de l’AFITF que prévues initialement, l’Etat ayant abandonné l’eco-taxe notamment.
- le projet stratégique de l’établissement qui va diminuer les temps d’ouverture des voies navigables (baisse des niveaux de service), la baisse des effectifs, le non investissement sur certaines voies
- L’augmentation de la précarisation des emplois, par le recrutement de vacataires et de saisonniers ce qui va à l’encontre de la volonté du gouvernement de faire baisser le nombre de demandeurs d’emplois.
- La perte de nos missions d’exploitation, de maintenance et de maîtrise d’œuvre,
- la perte de notre savoir faire,
- l’arrêt de l’entretien de certaines voies d’eau qui va conduire inéluctablement à leurs fermetures
- le dialogue social qui va seulement dans le sens de l’établissement et à la vitesse souhaitée

A titre d’exemple, la CGT remarque ce manque de dialogue en Direction Territoriale Nord-Est , nos camarades de Meuse Ardennes sont très inquiets du fait de ne pas avoir de visibilité sur l’avenir : preuve en est faite par le mouvement social qui a eu lieu la semaine dernière à la DTNE.
Le mouvement social est bien la résultante de la crainte des personnels et non pas un effet de mode.

Depuis plus deux ans, la CGT se mobilise lors des CLHSCT et des CT pour faire avancer les choses sur ce point. Sachant que les Partenariats « Public-Privé » pour la reconstruction des barrages va engendrer la perte de l’exploitation et de la gestion hydraulique, données aux constructeurs.
La CGT a fait des propositions au Directeur Territorial du Nord-Est pour la prise en compte des personnels afin de garantir leurs perspectives.

La CGT vous interpelle Mr le Président pour que les craintes des agents des Directions Territoriales et surtout pour "Meuse-Ardennes" soient levées rapidement. Il faut mettre des actes et des moyens financiers en œuvre et ne pas rester sur des hypothétiques solutions discutées depuis deux ans.

La CGT vous demande Monsieur le Président d’intervenir auprès du ministre pour que le rapport de Mrs Grignon et Rome où il est écrit « un haut niveau d’investissement : 840 millions d’euros jusqu’en 2013 ; 1 660, au-delà jusqu’en 2018 » soit aussi mis en œuvre.

La CGT vous demande Monsieur le President d’intervenir fortement sur les besoins indispensables et urgents de recrutements de personnel pour garantir les niveaux de service et maintenir nos voies navigables « utilisables ».

La CGT espère que ces démarches seront conjointement accompagnées par Monsieur le Commissaire du gouvernement auprès de Madame la ministre

Redynamisons-nous tous ensemble autour de la voie d’eau ; utilisateurs, affréteurs, transporteurs, plaisanciers, associations environnementales, personnels et direction de l’EPA pour avoir une "Voie Fluviale Française" utilisable et efficace pour les décennies à venir.